Pardigon
(Villa maritime romaine, commune de La Croix Valmer)
En 125 Av.JC. Rome intervient pour pacifier la région provençale en proie aux rivalités entre les Celto-Ligures et les Grecs de Marseille. Les romains vont y instaurer la "Pax Romana" et le littoral méditerranéen se transformera en lieu de villégiature privilégié pour les familles romaines auxquelles on attribuera des terres. C'est ainsi que de nombreuses habitations verront le jour.
Il en est ainsi de la villa romaine de Pardigon qui s'étend sur 3500 mètres carrés et qui est située sur la commune de la Croix Valmer.
Une villa est le lieu d'habitation du notable romain qui gère son domaine viticole ou oléicole. A proximité sont situés les bâtiments agricoles (chais, hangars, étables, etc) et les logements des travailleurs agricoles ainsi que vivier maritime et port marin.
Pardigon est, d'après Gaëtan Congès - Conservateur en chef du Patrimoine de la Direction Régionale d'Archéologie - et de Xavier Lafon et Jean-Pierre Brun, l'une des plus grandes villas maritimes romaines du littoral gaulois.
Une première villa aurait été construite vers les années 20/40 Ap.JC. Remaniée, son sol rehaussé de 2 mètres, elle a été agrandie et rendue plus luxueuse (marbres, thermes...) vers la fin du premier siècle et au début du deuxième.
Au quatrième et cinquième siècle, furent rajoutés de nouveaux thermes et un four à tuiles dont le nom est identifié "ZOOGENE" vraisemblablement propriétaire de la villa à cette époque et producteur de "tegulae".
Abandonnée lors des invasions wisigothes, la villa, tombée en ruines, fut réoccupée par des squatters puis, au Moyen-Age, les riches marbres de ses thermes furent transformés en chaux (inexistante dans notre région) dans un four à chaux.
Lorsque débutèrent nos fouilles, le terrain n'était que broussailles et ronces. Toute l'année (chaque semaine et quelque soit le temps), les membres de notre association, à l'aide de truelles, piochons et brosses, oeuvrent minutieusement et patiemment à dégager les murs, recueillir les morceaux de céramiques et de mosaïques...travail de "petites mains" dont l'efficacité est inestimable.
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Les broussailles sont inlassablement brulées par les "Vulcains" de service :
Comme toutes les villas romaines, Pardigon possédait des cours dallées et un péristyle dont les
colonnes pouvaient être constituées de 6 ou 9 portions :
Base de colonne de peristyle à 9 portions Eléments de dallage du sol
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Pardigon disposait également d'un système de chauffage central par le sol, l'hypocauste,( inventé au 1er siècle Av.JC. par les romains). L'air chauffé dans un foyer extérieur (praefurnium) circulait sous le sol dont les dalles reposaient sur des petits piliers de briques (pilettes) :
Four à chaux du Moyen-Âge le praefurnium
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Pilettes de l'hypocauste Dalles reposant sur les pilettes
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La villa disposait enfin de son propre système d'évacuation des eaux :

Evolution des fouilles
Une trace rectiligne de chaux sur un sol cimenté découverte en mai 2005 a permis d'envisager la mise au jour de l'atrium, pièce centrale de toute villa romaine, où se déversait par les toits l'eau de pluie. Son dégagement en fut réalisé en juin 2006. Un bassin y était aménagé (recouvert a priori d'une mosaïque disparue) au centre duquel est visible l'emplacement d'un socle de fontaine ou de statue. Le revêtement épais de chaux découvert nous conforte dans
l'interprétation de notre découverte.
Trace rectiligne Atrium maintenant dégagé
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Epais revêtement de chaux
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D'autres recherches ont permis de découvrir une rigole d'évacuation de ce qui semble être des toilettes. Sa jonction avec un collecteur n'a pas encore été retrouvée.
Emplacement de toilettes présumées Rigole d'évacuation récemment découverte
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En outre, les bases de deux colonnes de péristyle ont été plus amplement dégagées. Ces colonnes étaient certainement recouvertes de poudre de marbre blanc.
Enfin, sont régulièrement mises au jour des fragments d'amphores (massaliotte en particulier), de poteries marquées des initiales d'ateliers comme ci-dessous l'atelier fréjusien "MARI"ainsi que de nombreuses pièces de monnaie.
L'intérêt de ce chantier de fouilles n'a pas échappé à Alain Spada, Conseiller Général du Canton de Saint Tropez, qui nous a rendu visite le 17 octobre 2006 et que notre Président André Falconnet a accueilli avec fierté sur le chantier :

Mettre en valeur le site,
remettre en fonction le four de tuilier de la villa pour y faire des démonstrations,
rendre Pardigon accessible au public,
continuer la fouille sur le tiers restant du site
et créer un musée...
tels sont les objectifs ambitieux des prochaines années.
